Il y a des saisons qui invitent à ralentir sans jamais céder à l’immobilité. Alors oui, les jours raccourcissent. Mais nous avons bien l’intention de les remplir. À La Rochelle, l’automne redessine la ville d’une lumière plus oblique, patine les façades, ravive les matières, aiguise les parfums. Il nous ramène doucement vers l’intérieur, au sens propre comme au figuré, sans pour autant refermer l’horizon.
C’est peut-être le moment idéal pour lever les yeux. Vers ces gargouilles qui peuplent les hauteurs rochelaises, silhouettes fantasques, drôles ou inquiétantes, vigies de pierre que l’on croise souvent sans vraiment les regarder. Elles racontent une ville ancienne, faite de symboles, de récits cachés et de détails que le temps n’a pas effacés. Une manière aussi de rappeler que La Rochelle se révèle rarement d’un seul regard.
Cette liberté de ton, Valérie Mairesse la cultive depuis toujours. Libre, vive, indocile aux conventions, la comédienne porte sur la vie ce mélange de lucidité et de fantaisie qui lui ressemble. Installée à La Rochelle, elle y a trouvé bien davantage qu’un décor : une respiration, un ancrage, peut-être même une forme d’évidence. Sa parole traverse ce numéro comme un fil rouge : celui du choix, de la singularité et de la fidélité à soi-même.
L’automne nous ramène justement vers ce qui dure. Dans la maison, les matières naturelles reprennent leurs droits : le bois, la pierre, le lin, les fibres brutes, le travail de la main. Non par nostalgie, mais par désir d’authenticité. Face à l’accélération du monde, nous cherchons des objets qui ont une histoire, des intérieurs moins démonstratifs, plus sensibles, où l’imperfection devient parfois la forme la plus juste du raffinement.
La nature, elle, sait depuis longtemps conjuguer fragilité et résistance. L’immortelle en est l’un de ses plus beaux paradoxes : une fleur solaire, presque austère, qui pousse sous les vents, endure les terres sèches et concentre dans son parfum toute la chaleur du maquis. Derrière sa beauté discrète se dévoile un trésor végétal dont la cosmétique s’est emparée sans jamais tout à fait épuiser le mystère.
Voilà peut-être ce que raconte cet automne : le goût de ce qui demeure, de ce qui résiste sans bruit, de ce qui révèle sa richesse à qui prend le temps de regarder.
Et si la saison nous invitait, simplement, à voir mieux ?
Toute l’équipe de La Rochelle Madame vous souhaite une très belle rentrée 2026 !
Frédéric Duranteau et Pascal Denize
Directeurs de La Rochelle Madame
